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«L’écriture, comme tout art créatif, est un exercice difficile : |
Ecrire, c’est comme voyager, pas un jour sans qu’il ne se passe quelque chose de nouveau.
Quand on écrit, on fait sans cesse la chasse aux clichés : éviter l’histoire banale, les métaphores mille fois utilisées, une écriture conventionnelle, les personnages stéréotypés.
Finalement, ce qui importe c’est d’être vrai. De même, lorsqu’on voyage, il est essentiel de connaître les règles du pays visité et de les respecter, mais inutile d’essayer d’imiter les habitants locaux. Cela sonnerait faux. Rester soi-même tout en adoptant et respectant les formes du pays est l’idée que je me fais du voyageur.
L’écriture et le voyage apprennent à faire le tour de soi-même et à découvrir les autres. En creusant mes personnages pour mon nouveau roman, je m’aperçois à quel point les êtres sont complexes et tous différents.
C’est le voyageur qui importe le plus dans le voyage, tout comme c’est le personnage et ce qu’il a dans le ventre qui crée l’histoire, et non l’inverse.
Le vrai voyage crée la surprise. J’ai une petite idée de mon histoire au départ, je connais mes personnages et leurs croyances, je laisse le reste à l’imprévu. Le hasard décide souvent mieux que nous-mêmes.
J’aimerais paraphraser Nicolas Bouvier :
«En écrivant, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les idées font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que l’histoire commence.»